CHANGEMENT – CHAOS : LE PEUPLE CONGOLAIS SUR LE QUI VIVE

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31 décembre 2014

CHANGEMENT – CHAOS : LE PEUPLE CONGOLAIS SUR LE QUI VIVE

Des voix s’élèvent pour rendre possible ce qui parait prévisible, voire irréversible. « On ne change pas l’ordre constitutionnel pour l’intérêt personnel » d’une part et le changement de la constitution du 20 janvier 2002 d’autre part. Une détermination que semble afficher le pouvoir en place qui, bientôt, va atteindre son point de non retour : la convocation du corps électoral, le vote parlementaire ou le dialogue national avec en toile de fond, le changement de la constitution.

Dans toutes ces manœuvres pour aller au changement de la constitution, le peuple ne comprend rien à ce débat qui glace les trippes des gouvernants que certaines langues donneraient déjà pour partants. Pendant que la nouvelle constitution existe déjà. Elle a été rédigée par la Cellule de réflexion, sous les auspices d’El Hadj Djibril Bopaka, opérateur économique. Ce travail de haute facture pose un préalable : qu’est ce que la nouvelle constitution comporterait de meilleur que la Constitution du 20 janvier 2002 et celle du 15 mars 1992, balayée d’un revers de la main ?

Quand on suit le débat sur la constitution, un seul argument est avancé : « Voter OUI pour la paix et stabilité au Congo ». Une thèse qui présage le chaos au sein du peuple, en cas du NON. Ce vide mériterait d’être comblé par le génie congolais, prêt pour le Référendum.

Le Burkina Faso n’est pas l’Amérique déclarait Blaise Compaoré, grand ami de la France. « Le Congo n’est pas le Burkina » ont déjà martelé André Ondélé, présentateur de l’émission Congo Presse Club pour conclure : « Les changements les plus souhaités ont leurs mélancolies ». Le changement la constitution souhaité, n’en serait pas une mélancolie de plus ?

Dans le même ordre du débat, l’écrivain, Commissaire Lieutenant Colonel Michel Innocent Peya multiplie voyages et tribunes pour plaider l’émergence d’une démocratie à l’africaine sans laquelle, le chaos est à redouter. Mais « Entre le bon sens et l’alternance absolue » il faut admettre qu’il existe le secret des grandes puissances qui décident de l’homme providentiel à la tête d’un Etat, fut ce t-il souverain !

Du journaliste André à l’écrivain Michel Innocent en passant par les fédérations du parti au pouvoir, le PCT ; la Force montante Congolaise et même l’opposition, personne n’explique au peuple les vraies raisons du changement soutenu ; la géopolitique de la France et des Etats-Unis vis-à-vis de l’Afrique. Pascal Lissouba, Sani Abacha, Blaise Compaoré, Laurent Gbagbo pourraient nous révéler les dessous de leur déchéance pour y prendre résolument conscience. Quand ils ont mis une sourdine aux puissants de ce monde, qui ne discutent pas du énième mandat au delà de deux (2), prévus. Sassou N’Guesso est le tombeur de Lissouba avec la volonté des français.

Inexorablement, l’histoire congolaise semble se répétée et revenir à Février 1991. Henri Lopes, candidat malheureux à la Francophonie à eu des questions pertinentes à la Conférence Nationale Souveraine pour comprendre la place vouée au peuple : « Mais d’où me vient la légitimité de m’exprimer au non du peuple, même de cette minorité ?… A quel et en quel lieu m’a-t-il mandaté ? Peut-être ne suis-je pas seul dans ce cas dans cette salle ! ». Par ailleurs, il déclare en substance : « Nous nous proclamons tous de lui (peuple) mais ne lui avons jamais donné le droit de nous accepter, de nous sélectionner, de nous rejeter ». A travers ces propos d’Henri Lopes, il faudrait dégager clairement la place du peuple dans ce débat qui défraie la chronique. A moins des velléités lissoubiennes, ayant mis à mal la démocratie congolaise : « Si le processus démocratique que nous avons accepté à la Conférence Nationale Souveraine avait été respecté, le peuple congolais n’aurait pas connu toutes ses souffrances, tous ces deuils, toutes ces violences et les deux guerres civiles que nous déplorons aujourd’hui… », Denis Sassou N’Guesso, le président des Forces Démocratiques et Patriotiques (FDU), Oyo, 17/10/1997. La guerre de 1997 était la guerre de Lissouba imposée à son peuple, détenteur du pouvoir primaire, pour des intérêts personnels : « En choisissant de se cramponner au pouvoir par la force pour éviter l’élection présidentielle, ces idéologues de la déraison et du mal ont consciemment réuni les conditions explosives de la tragédie que le peuple congolais vient de vivre », 31 décembre 1997. Tout le peuple, victime et martyr de ces guerres y croyait vraiment, larmes aux yeux ! Un repetita bis annoncé à travers le « chaos » de l’écrivain Innocent Peya et « les mélancolies » d’André Ondélé.

Après plus de 15000 morts, de centaines de milliers de déplacés et de sans abris, de nombreuses familles déchirées et de destructions matérielles immenses, la barbarie et la tyrannie, imputable au pouvoir de Pascal Lissouba ; après 353 disparus du Beach, de centaines de milliers de mort pendant la guerre du Pool ; après les explosions du 4 mars 2012, Pour quel intérêt professer le chaos et la mélancolie ? Demain encore, d’autres victimes parmi les plus démunis au nom de l’alternance démocratique. La définition du mot peuple est à repenser par les politiques congolais !

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Commentaires

Fabienne H
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Merci pour toutes ces infos, voici une bonne lecture. J'ai appris différentes choses en vous lisant, merci à vous. Fabienne Huillet www.neonmag.fr

nettharmedio
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Merci également. Après tout, nous y sommes! le cache-cache à découvert. Duc in altum ma chère consoeur, Fabienne.